Le Silk du Seigneur des Anneaux

Le Silk du Seigneur des Anneaux
   Silk était en pleine discution avec Rablek quand il entendit quelqu'un
crier (non, hurler plutot!) son surnom.Il crut que son petit coeur allait
lacher : ***Quel était l'imbecile...???***
  C'est  alors qu'une immense masse de muscle s'abattit sur lui et manqua
lui briser les os du dos. Il se retablit de justesse grace à sa souplesse,
et pu enfin reconnaitre son vieil ami Barak. Cela fesait déjà un bout de
temps qu'il ne l'avait pas vu, et il sentit à l'odeur acre qui emanait de
son mai qu'il n'avait pas eu besoin de l'attendre pour se saouler
copieusement.
  "Mais tu as perdu la tête espèse de tonneau de bière embulant??? Tu veux
peut-etre aussi rentrer en ville et te balader avec un écriteau sur le front
disant à tout le monde où on peut me trouver??? Je suis ici
incognito."chuchota-t-il sur un air de conspirateur. Il s'aperçu alors que
tout le monde les regardait. Il faut dire que son ami ne passait pas
inaperçu avec sa taille avoisinant les 2 m! Silk prit une grande inspiration
et poussa un soupir théatral : "Mesdames, Messieurs, comme vous pouvez le
voir, notre ami ici present à trouver l'emplacement des reserves de bières!
Cela saute aux yeux qu'il n'a plu toute sa tête! Veuiller ne pas faire
attention à lui. Nous allons le rentrer et le coucher gentillement et demain
matin, mis à part un bon mal de crane, se ne sera plu qu'un mauvais
souvenir. Merci, il n'y a plus rien à voir."
  Après quelques rapide mouvements de doigt à l'intention de Rablek, ils
conduisirent Barak à la tente de Rablek et l'assirent sur un large fauteuil.
  "Ne me fait plu jamais ça tu m'entends! C'est que mon petit coeur commence
à defaillir à mon age" ajouta-t-il avec un grand sourire."Allez vieille
canaille, raconte un peu ce que tu viens faire dans le coin à part t'imbiber
dans la bière et tenter de briser les os de tes amis en deux?!"
"Et toi mon grand, dis-moi, que fais-tu ici et
surtout, où vas-tu ? "
Puis BArak se mit encore à rire faisant trembler la
toile de la tente !
Silk était très tatillon en ce qui concernait sa petite taille. Aussi,
quand  Barak accolla "Grand" à son surnom, ses yeux s'étrecirent : "C'est
bon, je sais que je suis plus petit que la moyenne, pas besoin de m'en
rabbatre les oreilles à tout bout de champ."dit-il d'un ton sarcastique.
Puis, l'air totalement innocent, il ajouta : "Au moins, moi, ma mère ne
s'est pas accoquinée avec un ours pendant la période hivernale..."Puis il
adressa un grand sourire à son ami."Et puis après tout, c'est plutot un
avantage dans le metier que je fais d'avoir une petite taille!!!"
   Il achevait à peine sa phrase qu'il reçut une grande claque dans le dos
qui manqua cette fois-ci lui faire cracher ses poumons. "Mais tu veux me
tuer Barak? Parce que si c'est le cas, tu sais, je te sors une de mes dagues et
tu me la passe en travers de la tête et ça mènera au meme resultat."
  Mais son discours semblait passer à des kilomètres de la tête de Barak. Il
riait toujours de son rire tonitruant, ne cessant d'attirer l'attention sur
leur tente.
  Silk leva les yeux aux ciel : "Ah ce Barak, il ne changera donc
jamais!"puis, avec un clin d'oeil entendu à Rablek, il ajouta : "Mais là,
s'il continu comme ça, je crois que nous allons etre obligé de prendre des
mesures radicales...Tu as toujours de cette fameuse poudre qui assomerait un
éléphant pendant une semaine mon ami?"
  Puis, voyant que Barak semblait avoir compris le message, il daigna enfin
repondre au colosse à la barbe rouge.
  "Oh, moi, je fais deux trois choses ici et là"répondit-il en astiquant une
de ses bagues avec un énorme rubis sur le devant de son pourpoint, faignant
la totale indifférence, mais son long nez frétillant d'aise."Je tente de
faire mon chemin dans le vaste monde! Le truc classique quoi."Puis,
s'affalant avec un grand geste du bras embrassant tous les alentours dans un
fauteuil, il regarda Barak avec ses yeux les plus innocents et ajouta :
"Rien de très passionnant en somme!
  D'ailleurs, comme tu vois, c'est tellement ennuyeux que j'ai décidé de
rentrer au pays. Tu ne peux pas savoir comme ça me manque d'embeter ce bon
vieux Javelin!!! Et je proposais justement à ce bon Rablek de faire chemin
assemble histoire de faire un peu de commerce et que nous ne perdions pas
notre temps sur la route. Après tout, un peu de profit n'a jamais fait de
mal à personne si?" ajouta-t-il les yeux brillants de malice.


Silk attendit patiemment que Barak ai fini sont petit discours en faignant
le plus profond ennui, puis se fendit d'un grand sourire : ce que son ami
pouvait être pompeux quand il le voulait! Mais bon, c'était aussi pour ça
que Silk l'aimait, et il ne le changerait pour rien au monde. Et puis, il y
avait trop longtemps qu'il n'avait pas eu quelqu'un avec qui pratiquer des
joutes verbales comme il aimait tant! Ses yeux se mirent à luir de plus
belle.
  " Ce que j'en pense? Tu veux vraiment le savoir? J'en pense que j'ai
depuis longtemps passé l'age d'avoir une nurse derrière moi pour m'occuper
de mon arrière train! C'est quelque chose que je fais très bien moi meme
depuis que j'ai quitté le domicile familiale! Si si, je t'assure que
j'arrive meme à lever la fourchette de l'assiètte à ma bouche tout seul
maintenant! C'est dingue n'est-ce pas?"
  Il dit cela d'un air tellement serieux, que les yeux de Barak
s'arrondirent à vue d'oeil. Devant la mine deconfite de son ami, Silk se
fendit de son plu beau sourire:
   "Allez gros bétat! C'était pour rire! Bien sur que tu peux nous
accompagner si tu en as envi! Mais je te préviens, si tu nous fais encore
repérer une seule fois, c'est moi qui vais te casser les os un à un et ça
risque d'etre beaucoup moins plaisant qu'une claque dans le dos. Me suis-je
bien fait comprendre?"ajouta-t-il avec un sourire pervers.

http://fr.groups.yahoo.com/group/TLOTR_JDR/
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# Posté le vendredi 26 août 2005 12:33

Modifié le mardi 18 octobre 2005 11:19

Toujours dans le même, le Prince Imrahil de Dol Amroth

Toujours dans le même, le Prince Imrahil de Dol Amroth
Imrahil était assit à son bureau, une pile monstrueuse de parchemins posée devant lui, mais il ne semblait pas la voir : son regard était perdu dans le lointain.
Déjà 2 jours qu'il était de retour d'Archentron, et il ne parvenait pas à effacer l'image de Belthil gisant dans son tombeau de glace de sa mémoire. Il pensait sans cesse à Elrania : il savait que sa réaction ne pouvait qu'être négative. En effet, on n'effaçait pas comme cela 2000 ans d'un amour infini et pur.
Imrahil avait beau retourner le problème dans sa tête, il ne voyait pas comment Elrania pourrait un jour se remettre d'une perte si terrible.
Elle lui avait toujours dit que lorsque sa mystérieuse mission serait enfin achevée, elle pourrait vivre son amour au grand jour et se donner enfin totalement et sans retenu à Belthil. Mais le destin en avait décidé autrement...jamais ils ne vivraient ensemble en Terre du Milieu, jamais ils ne vivraient pleinement leur passion...
Imrahil secoua la tête pour s'éclaircir les idées et tenta de focaliser ses pensées sur un autre sujet. L'image d'Amanhisiel chevauchant le bel étalon qu'il lui avait offert s'imposa immédiatement à son esprit. Là encore, la tristesse le regagna bien vite : elle était loin, et ne reviendrai pas avant bien longtemps. Et il avait senti tellement de tristesse dans les yeux de cette elfe...Il aurait aimé la prendre dans ses bras, lui dire combien il l'avait aimé dès le premier regard qu'il avait porté sur elle, et lui faire oublier ce qui la rendait si triste.
Il se passa la main sur le visage et avisa enfin la pile de document : en quelques jours d'absence, les rapports et les décisions à prendre s'étaient accumulées et demandaient maintenant réponse. Il prit la première feuille dans la main, commença à lire, mais la reposa bien vite et poussa toutes les feuilles dans un coin de son bureau : non, il lui était impossible de se concentrer, il fallait absolument qu'il se change les idées.
Il passa donc dans sa chambre revêtir une tenue d'équitation, puis se dirigea vers les écuries, non sans remarqué le changement du temps : oui, l'hiver approchait de plus en plus. Il espérait que ses amis parviendraient de l'autre côté de la montagne avant les premières chutes de neige importantes...
La ville était quelque peu agitée, chacun vacant à ses travaux et faisant ses réserves pour l'hiver. Sur le passage de leur souverain, tous cessaient leurs travaux et se prosternaient devant lui.
Depuis son retour de la grande Guerre contre Sauron, Imrahil avait remarqué que le respect que ses gens lui portaient avait encore accru et que leur regard vis-à-vis de lui avait changé : il lisait l'admiration dans leurs yeux.
Imrahil parvint bientôt aux écuries et se dirigea vers les jeunes chevaux qu'il avait acquis quelques jours seulement avant de partir pour la cité bleue.
Il passa devant le box de Danusty, son grand étalon blanc favori, qui souffla doucement en piaffant d'impatience à son passage.
« Non, pas aujourd'hui mon beau ! J'ai besoin de me dépenser : je vais dresser les nouveaux chevaux. »
Danusty baissa la tête, comme ayant compris les paroles de son maître et reparti dans le fond de son box manger paisiblement son foin.
Imrahil parvint enfin à l'encart réservé aux chevaux sauvages qui leur arrivaient directement du Rohan. En effet, Dol Amroth avait perdu beaucoup de ses montures grises durant la bataille et ils avaient du faire appel à leur cousin du Rohan pour redonner une monture à chaque soldat. Malgré les lourdes pertes que ceux-ci avaient pourtant connu, ils accordèrent tout de même une centaine de jeunes chevaux sauvages à Dol Amroth, ne pouvant se permettre de leur donner des chevaux déjà dressés.
Imrahil s'approcha avec précaution du premier cheval et lui passa le mors. Il le sella lui-même et le mena lentement par la bride jusqu'au manège princier qui était réservé au Prince et à ceux à qui il en donnait l'autorisation.
Le cheval était nerveux, et ne semblait jamais avoir porté cavalier sur son dos.
Pourtant, Imrahil ne tarda pas à le monter aisément, testant l'une après l'autre toutes les allures avec succès. Au bout d'une bonne heure, il maîtrisait parfaitement sa monture et la ramena au box écumante et éreintée.
Il laissa le soin à son écuyer de doucher le cheval et regagna lentement ses appartements. Ce petit intermède lui avait vidé l'esprit, et lui avait permis de se concentrer sur autre chose que les jours passés.
Il prit donc un bon bain, un repas rapide en présence de sa cour, et s'installa de nouveau à son bureau, examinant les affaires en cours les unes après les autres.
Javelin, le chef de ses services d'espionnage, ne tarda pas à apparaître par la porte secrète dissimulée dans le mur.
« Bonsoir mon Seigneur. Le conseil est réuni, nous n'attendons plu que vous-même. »
Imrahil le suivit dans les souterrains et ne tarda pas à déboucher dans la vaste pièce secrète où se déroulait le rapport de leurs principaux espions chaque soir.
« Eh bien messieurs ? L'ordre du jour ? Faites vite s'il vous plait, il me reste encore de nombreuses affaires à étudier et je suis las. »
Javelin s'avança et lui présenta un premier document.
« Blanche plume est revenu durant votre voyage Sire, et nous a rapporté quelques information alarmantes quant à la présence d'orques dans les forêts. Il a précisé que son amie Leyla était sur le retour. »
Imrahil examina le document.
« Oui, Leyla...Il y a bien longtemps que nous ne l'avons pas vu parmi nous...Prévenez moi dès son retour, nous devons avoir une conversation sur ce qu'elle a pu voir ou sentir durant son voyage. »
« Il en sera fait selon votre désir Sire. »
« Où en est-on avec le Chasseur ? »
« Il n'a pas encore été contacté, mais le messager est en route. »
« Bien, prévenez-moi également dès son retour. L'affaire que je tiens à lui confier est de la plus haute importance. »
Ils passèrent point par point en revenu tous les rapports de tous les espions en service, puis le conseil prit fin. Comme à son habitude, Imrahil demanda à Javelin de rester quelques minutes pour lui demander des nouvelles des espions qui avaient été chargés de pister Elrania et Amanhisiel pour s'assurer qu'il ne leur arrivait rien. Javelin eu l'air gêné en répondant.
« C'est que...Eh bien nos hommes n'ont plu aucune traces d'elles depuis déjà quelques jours... »
« Comment ???Envoyez sur place 4 espions en plus. Je veux savoir ce qu'il en est. 2 femmes et 4 animaux ne disparaissent pas comme ça dans la nature. »
Javelin salua et sorti précipitamment de la pièce, se rendant bien compte que son Prince n'était pas de la meilleure humeur qui soit...
Imrahil, quand à lui, regagna son bureau nonchalamment et s'endormi en fin de compte sur ses documents.
Il rêva de neige, de glace, où les visages cadavériques d'Amanhisiel, Belthil et Elrania se mouvaient en une danse funeste.
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# Posté le vendredi 26 août 2005 12:27

Modifié le mardi 18 octobre 2005 11:22

Du même JDR, Elrania

Du même JDR, Elrania
Elrania lissait distraitement la crinière douce comme la soie de Fëanaro, se laissant bercer par le pas gracieux et cadencé de sa monture. Ils avaient quitté le Royaume de Galadriel et Celeborn, et évoluaient maintenant lentement dans le sous bois, sans cesse sous la menace des hordes d'orcs qui hantaient les environs depuis le nouvel essor d'Ajrarn. Le pâle Soleil d'hiver perçait par endroit difficilement, jouant sur la robe luisante des chevaux elfiques à la blancheur immaculée. Parmi eux, Fëanaro jurait par sa noirceur, mais il n'avait rien à envier ni par sa beauté ni par sa grâce aux montures du peuple de la forêt : il était un cadeaux des Valar, descendant de Nahar le Grand lui même, avec en plus la foudre et la hargne des chevaux de robe sombre.
Elrania porta son regard sur Jockariel, qui chevauchait en tête auprès de sa gardienne qu'elle savait maintenant s'appeler Niniel. L'arrogant elfe n'avait pas touché mot depuis son altercation avec Elrania, mais celle-ci voyait clairement que cela lui coûtait énormément, et il ne cessait de maugréer. L'elfe bleue ne pût s'empêcher de ressentir dégoût et pitié devant le fin écoulement d'eau qui ne cessait de se déverser de ses pores, incapables qu'il était de contenir et maîtriser son seul pouvoir élémental. Fermant les yeux sur ce spectacle désolant, elle appela à elle le pouvoir du feu, et le laissa couler à flot dans ses veines avant d'éteindre l'ardente magie à l'aide son pouvoir aquatique. Maîtriser ses nouveaux dons à la perfection était une vraie fierté pour elle après les épreuves qu'elle avait dû traverser lors de son apprentissage. Elle rouvrit les yeux sur le visage doux et paisible de Rumil qui l'observait. Elrania exerça une légère pression sur les flans de Fëanaro, qui s'élança dans son galop féerique vers la monture à la robe brillante de blancheur sur laquelle évoluait Rumil.
-Vous semblez si enjoué, si heureux d'effectuer cette mission, lui fit remarquer Elrania une fois parvenue à sa hauteur.
Rumil lui lança l'un de ces sourires qui étaient si communicatif qu'il aurait même presque pût ensoleiller le c½ur d'Ajrarn pour une fraction de seconde.
-Pourquoi ne le serais-je pas? répondit-il en retour, ses yeux captant chaque nuance de la forêt avec un intérêt et une joie sans cesse renouvelée. Si par mes actions je peux sauver mon peuple et toutes les merveilles que recèle ce monde, alors cela fera de moi le plus heureux des elfes.
Elrania détourna le regard, se déplaçant de quelques centimètres vers le garrot de sa monture pour s'assurer une posture plus confortable. Depuis qu'elle avait rencontré Amanhisiel puis ensuite Sarnhiril, elle avait toujours pensé que les élus étaient frappés d'une sorte de malédiction qui les amenait à perdre tout ce qu'ils avaient jamais aimé pour les plonger dans un désespoir sans fond. Pourtant, quand elle voyait Rumil rayonner de bonheur et Jockariel astiquer ses bagues de rubis sur son pourpoint pourpre, elle comprenait qu'il n'en allait pas ainsi de tous, que tout n'avait été que coïncidences, et erreurs de parcours...
-Et vous, vous semblez si triste, que même lorsque j'ai cherché à toucher votre c½ur par mon amitié, je n'y ai trouvé qu'hiver et ténèbres, lui dit a son tour Rumil en se saisissant doucement de sa main.
Elrania sentit le chagrin l'accabler de nouveau, mais elle se força à prendre une grande inspiration pour le refouler dans un recoin de son esprit là où elle pourrait le contenir jusqu'à la délivrance, jusqu'à la mort.
-Vous n'y avez trouvé que froid et noirceur car il n'y a plus rien en moi qui soit bon ou qui mérite de l'être... aucune vie qui ne puisse y battre après qu'il fut réduit en cendre par les foudres de l'amour et de la mort... récita Elrania comme si elle tentait une fois de plus de se convaincre que cette quête valait vraiment la peine d'être achevée.
Rumil posa l'une de ses fines mains sur son épaule.
-Ne dites pas cela, il y a bien plus de bonté en vous que vous ne voulez l'admettre. Si vous en cherchez une preuve, vous n'avez qu'à regarder Unendil, un ami prêt à tout abandonner pour vous même lorsque vous le suppliez de ne pas vous suivre. Croyez-vous que si vous étiez sans c½ur il vous montrerait une telle dévotion? Voudriez-vous mourir pour lui infliger une peine pareille à celle qui semble avoir tant ébranlé votre c½ur? Vous connaissez la réponse au fond de vous, c'est elle qui fait que vous vivez encore et que vous allez toujours et encore de l'avant, pas la raison désespérée que vous avez tenté d'imprimer vainement dans votre esprit. Réfléchissez-y bien, malgré tout ce que vous pouvez penser, vous ne serez désormais plus jamais seule. Nous sommes une famille maintenant... enfin presque, acheva-t-il en lançant un regard agacé à Jockariel qui s'était mis à chanter d'une voix ridiculement aiguë.
Elrania s'accorda alors son premier sourire depuis si longtemps qu'elle en ressentit de la douleur au niveau des commissures. Quelque chose semblait s'être remit à battre dans son c½ur, peut-être de la détermination, de la hargne, mais aussi, un sentiment plus impérieux, plus pur, celui de l'amitié éternelle et inconditionnelle dont elle avait fait la promesse à Unendil et qu'elle avait bien failli briser. Remerciant silencieusement Rumil pour son aide, elle lança de nouveau Fëanaro dans un galop effréné, insouciante des énormes troncs d'arbres qui défilaient à une vitesse hallucinante de chaque côté, jusqu'à ce qu'elle ai enfin rejoint Unendil qui était parti en éclaireur. Là, avant même que son fier étalon noir n'ai marqué un arrêt, elle sauta de cheval et atterrit dans les bras de son ami.
-Je t'aime tu sais, je veux que l'on soit amis à jamais. Excuse-moi d'avoir bafoué notre promesse, mais c'était trop dur tu comprends, il... il a emporté une si grande partie de mon c½ur avec lui que je me suis sentie totalement vide, stérile... pleura-t-elle en enfouissant son fin visage dans l'étreinte rassurante de celui qu'elle considérait comme son frère.
Unendil lui rendit son étreinte de toute ses forces, unissant ses larmes aux siennes dans un torrent d'affection et d'indéfectible union.
-Il n'y a rien à pardonner petite s½ur. J'ai toujours su dans mon c½ur que tu me reviendrais des abysses ténébreux où tu t'étais cloîtrée. Toujours, et à jamais, pour le meilleur, et surtout pour le pire petite s½ur...
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# Posté le vendredi 26 août 2005 12:23

Modifié le mardi 18 octobre 2005 11:23

Toujours du JDR sur le SDA, voici Serindë (attention, interdit aux moins de 13 ans)

Toujours du JDR sur le SDA, voici Serindë (attention, interdit aux moins de 13 ans)
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Serindë reprenait peu à peu ses forces, au fur et à mesure que son pouvoir régénérait. Elles chevauchaient déjà depuis une bonne heure à brides abattues, se moquant bien du danger que représentait un telle vitesse en pleine forêt, lorsque Wilwarin leur fit signe d'arrêter. Elles descendirent de monture et s'approchèrent lentement. Serindë eut un grand sourire lorsqu'elle aperçut un petit groupe d'elfe dans une petite clairière devant elles. Elle regarda ses s½urs et elle s'aperçu qu'elles avaient le même sourire méchant. Serindë détacha sa gourde en peau de sa ceinture et en vida toute l'eau sur le sol : ce récipient allait bientôt accueillir un autre liquide beaucoup moins limpide...
Elle s'approchèrent lentement de leur futures victimes, et en isolèrent bientôt chacune un du groupe en lui racontant des histoires que les elfes étaient en général bien trop naïfs pour déceler.
Serindë perdu vite de vue ses s½urs mais elle était avec elle par la pensée et ne s'en inquiétait pas trop : elles allaient certainement s'amuser joyeusement chacune dans leur coin! Serindë conduisit son elfe qui lui dit s'appeler Lithil vers un petit coin reculé de la forêt. Elle le tenait par la main et l'elfe arborait un joyeux sourire. Ce sourire s'effaça immédiatement de son visage lorsque Serindë lui ouvrit le ventre de part en part d'un ample geste de sa main tenant son long sabre argenté. Elle papillonna des yeux.
-Oh! Je suis vraiment désolée, ce que je suis maladroite avec ces choses là!
Devant le visage complètement déformé par la douleur de l'elfe blond, Serindë éclata de rire. Elle le releva d'une main, entortilla une partie des boyaux du malheureux autour de son cou et, déroulant le reste et les débarrassant des résidus de tissus adipeux, elle le lança par dessus la première branche. L'elfe se retrouva bientôt pendu par ses propres entrailles, ce que Serindë trouva très comique. Elle resta quelques instants à l'observer se débattre au bout de sa branche puis se mit au travail : le rituel devait être pratiqué dans une extrême précision : le « patient » devait être vivant, mais agonisant, et il nécessitait des incisions précises à divers endroit du corps de la victime pour en recueillir le sang. Serindë décida de prendre bien plus que les quelques millilitres requit : on n'était jamais trop prudente...
Elle avait presque terminé lorsque des hommes firent irruption à quelques mètres de là, certainement alertés par les couinements de porc qu'émettait l'elfe depuis quelques minutes. Ne sachant pas à quoi s'attendre, elle s'éloigna en quelque foulées et grimpa lestement dans un arbre pour observer la scène. Après quelques minutes, elle aperçu enfin un petit détachement de soldat, et elle reconnu immédiatement à leur armure qu'il s'agissait d'ancien soldats du Mordor. Elle préféra tout de même attendre un peu pour voir ce qui se passait. A son grand dame, elle s'aperçu que l'elfe avait succombé à ses blessures, à moins qu'il n'ai tout simplement été étranglé par ses intestins. Toujours est-il qu'il était mort avant même qu'elle ai eu le temps de finir le rituel. Les hommes s'arrêtèrent sous l'arbre et regardèrent le cadavre osciller lentement sous la brise, une expression étonnée sur le visage. A ce moment là, celui qui devait être leur chef observa le corps sous toutes ces coutures.
-Oui, cela ressemble bien au travail de la Tisseuse. Elles ne doivent plus être très loin.
Serindë fut quelque peu étonnée : seuls les membres de l'armée de Sauron la connaissait par son surnom. Cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose : Bouche de Sauron était en vie, et il les recherchait. Lorsque le premier soldat passa sous l'arbre, elle lui renversa tout le sang déjà récolté dessus : elle n'en avait de toute façon plus besoin. Le soldat poussa un cri de surprise et leva tête juste à temps pour voir les pieds de Serindë lui arriver en pleine figure. Il se dégagea in-extremis et Serindë se redressa gracieusement devant leur chef, non sans avoir auparavant essuyé la lame de son sabre sur les vêtements du malheureux premier soldat.
-Alors, il paraît que vous me cherchez?
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# Posté le vendredi 26 août 2005 12:18

Modifié le mardi 18 octobre 2005 11:24

Et pour continuer, un extrait du jeu de rôle sur le Royaume de France

Et pour continuer, un extrait du jeu de rôle sur le Royaume de France
Richard essuya une fois de plus la sueur qui lui coulait dans les yeux, titubant pour garder l'équilibre sur ses jambes flageolantes. Voilà deux nuits qu'il n'avait pas dormi et la fatigue commençait à se faire ressentir dans son corps comme dans son esprit. Le soleil de fin d'été se couchait lentement à l'horizon, se reflétant funestement sur les fenêtres à meneaux du bâtiment que Richard tentait d'atteindre. De la main droite, il compressa un peu plus la blessure qui lui tiraillait le flan gauche. L'odeur du sang lui remonta jusqu'aux narines par dessus la puanteur ambiante de la rue quand il sentit la chaleur du fluide vitale se répandre d'abord entre ses doigts, puis le long de sa jambe, jusque dans ses bottes. Il savait que la blessure n'était pas grave, il suffirait de la recoudre et il n'y paraîtrait plus. Mais pour revenir jusqu'au quartier général de sa société secrète, il avait perdu beaucoup de sang. Sa vue se troubla de nouveau au moment où il entrait dans la taverne qui lui appartenait depuis quelques mois. Comme à l'accoutumé, les lieux grouillaient de monde, ivrognes, brigands et mendiants se mêlant à quelques mousquetaires, gardes et soldats. Il régnait dans la grande salle une telle cacophonie que Richard dû lâcher sa blessure pour se plaquer les mains sur les oreilles : la nausée commençait à le gagner, et les effluves d'alcool ne faisait rien pour arranger à son état. On le tira bientôt par la manche, le soutenant. Richard reconnu vaguement Marick, son meilleur espion, et aussi ce qui se rapprochait le plus d'un ami pour lui.
-Mais qu'est-ce que tu as encore fait pour te retrouver dans cet état? maugréa Marick en aidant Richard à monter les marches qui menaient à ses appartements une à une.
Sur la vingtaine de membres qui composaient son organisation, une dizaine occupait les chambres qui surplombaient l'établissement. Cela leur permettait d'être toujours en contact permanent, et de pouvoir se relayer les informations acquises en faisant parler les clients après quelques verres. C'est là que Richard se félicitait d'avoir acquit cette taverne : jamais il n'avait obtenu autant d'informations de valeur en si peu de temps, et sans le moindre effort.
Une fois à l'écart du bruit, et ses narines frémissant à l'odeur d'une délicieuse soupe aux oignons, Richard se sentit tout de suite mieux. Il repoussa lentement le bras de Marick qui le soutenait.
-Merci. Tu peux retourner à tes occupations, ça va aller maintenant, chuchota-t-il à son ami.
Marick lui lança un regard dubitatif.
-On ne dirait pas, commenta-t-il en lorgnant la tache de sang qui gagnait de plus en plus de terrain sur la chemise autrefois immaculée de Richard.
Richard rabattit un pan de sa cape pour cacher la blessure, non sans grimacer sous le coup de la douleur d'un geste si brusque.
-Ne t'en fait pas, je vais bien. Passe me voir tout à l'heure pour me faire ton rapport, conclu Richard avant de refermer la porte derrière son ami.
Richard s'adossa au chambranle, et inspira longuement : cette journée semblait interminable. Il avait tant à faire pour déléguer les tâches, gérer les problèmes de son organisation tout en poursuivant ses quêtes personnelles...
Secouant la tête pour s'éclaircir les esprits, il s'élança en silence vers la cuisine, sur la pointe des pieds. Pourtant, à peine en avait-il passé le seuil qu'il fut assailli par une furie.
-Mais où étais-tu donc passé? s'exclama avec rage une jeune femme aux cheveux châtains mi-long. Ses yeux verts lançaient des éclairs.
Richard poussa un long soupir : lui qui espérait passer inaperçu, c'était raté...
-Béric est rentré depuis une heure! Une heure tu m'entends? Tu aimes me faire angoisser? Est-ce que cela t'amuses au moins de me faire souffrir? poursuivit la femme avec emphase.
Richard tira l'une des fragiles chaises qui encadrait la table de bois, et se laissa tomber dessus. Il n'avait qu'une envie, et c'était aller se coucher après un bon repas. Pas de se lancer dans une discussion stérile.
-Nadine... commença-t-il.
Mais elle ne lui laissa pas le temps de poursuivre. Déjà, elle s'emparait de sa jambe pour lui ôter ses bottes, tout en continuant à débiter un flot ininterrompu de parole.
-Et puis regarde dans quel état tu es? Tu aurais pût me prévenir en plus! Nan mais franchement, on a pas idée!
Sans cesse en mouvements, elle donnait le tournis à Richard qui avait déjà un mal fou à accommoder dans la lumière tamisée des bougies. Il se rendit d'ailleurs compte que celles-ci avaient été disposées avec soin, pour donner à la pièce une atmosphère chaleureuse et romantique et faire oublier aux occupants les murs couverts d'une éternelle couche de crasse qui les entouraient.
-Nadine... tenta de nouveau Richard, mais en vain.
La jeune femme lui colla une écuelle devant le nez.
-Regardes moi ça, je t'avais préparé ta soupe préférée, elle est toute froide maintenant. Tu es vraiment invivable! poursuivit Nadine dans son monologue.
Elle fourra une cuillère dans la main de Richard, et seule la légère grimace de douleur qu'il afficha permit enfin qu'elle s'arrête de parler... une simple seconde. Elle observa un long instant Richard suspicieusement, puis, d'un seul geste rapide comme l'éclair, lui ôta sa cape. Elle pâlit en découvrant l'auréole de sang qui s'étendait maintenant sur la moitié du buste de Richard.
-Mais... mais qu'est-ce que tu t'es encore fait? bredouilla-t-elle avant de se remettre en mouvement telle une abeille ouvrière veillant sur son miel.
-Ce n'est rien, je m'occuperais de ça tout à l'heure, lança Richard sans grand espoir d'être entendu.
Bientôt, elle revint avec du fil, une aiguille, et une petit cuvette de cuivre remplie d'eau claire.
-Ôte ta chemise, ordonna-t-elle.
Richard fit mine de ne pas avoir entendu, finissant sa soupe. Mais il savait qu'une telle ruse ne pouvait fonctionner avec Nadine. Elle s'approcha de lui, arracha ce qu'il restait de sa chemise déchirée, et recula vivement en fronçant le nez.
-Mais tu empestes! s'écria-t-elle.
-Et alors, ne dit-on pas qu'un vrai noble doit avoir un peu l'aisselle surette et les pieds fumants? ironisa Richard.
Pour toute réponse lui vint un reniflement de mépris d'une Nadine qui s'afférait sur son flan pour essorer le sang.
Richard se leva, et porta son couvert jusqu'au petit bassin d'eau sale qui trônait dans un coin pour l'y laver sommairement. Nadine, bien-sûr, l'avait suivit.
-Si tu pouvais cesser de bouger, ça me faciliterait grandement la tâche! grimaça Nadine entre ses dents serrées par la concentration alors qu'elle recousait avec habilité la plaie.
Richard soupira de nouveau mais obtempéra : il savait qu'il valait mieux ne pas discuter avec Nadine s'il voulait avoir la paix. Et il ne demandait pas mieux à l'heure actuelle...
Quand elle eut fini, elle reposa tout son matériel et admira son oeuvre.
-La prochaine fois que tu rentres comme ça, tu te débrouillera pour te faire à manger. J'en ai assez de devoir chaque fois réparer tes bêtises, le morigéna-t-elle.
Pour Richard, c'en était assez.
-Nadine, un mot de plus et tu iras passer la nuit dans la chambre de Béric, puisque tu as l'air de tant l'apprécier, dit-il avec un calme mortel.
Nadine se figea. Durant une longue minute, elle resta aussi immobile que les statues que Richard avait aperçu les rares fois où il avait arpenté le Pont Neuf. Puis, sans prévenir, des larmes se formèrent dans les immenses yeux verts de la jeune femme.
-Je m'excuse Richard, je ne pensais pas ce que j'ai dit, s'expliqua-t-elle lamentablement.
Puis, se rapprochant d'un pas, elle posa un doigt sur le torse imberbe de Richard et suivit le tracé de la longue cicatrice qui le zébrait.
-C'est que je m'inquiète tellement pour toi... minauda-t-elle.
Richard lui saisit fermement le bras, et la poussa tout aussi fermement en arrière.
-Nadine, je voudrais que les choses soient claires : tu n'es pas ma femme, et tu ne seras jamais. Comprends-tu ce mot? Jamais Nadine... lui expliqua Richard, affichant toujours le même terrible calme.
Nadine se dégagea violemment, et se dirigea vers la pièce attenante.
-Tu n'as qu'à aller t'occuper de la seule personne qui compte pour toi. Moi je ne peux plus, je ne supporte plus. Puis elle claqua la porte et Richard entendit bientôt des sanglots s'élever de la petite pièce.

Richard mettait un peu d'ordre dans la minuscule cuisine lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit tout doucement. Une petite tête blonde se dessina bientôt timidement dans l'embrasure, clignant de ses yeux ensommeillés dans la fumée ambiante, avant d'afficher un sourire édenté si communicatif que Richard sentit ses traits tirés se détendre et son c½ur bondir de tendresse dans sa poitrine.
-Richard! s'exclama un petit garçon de six/sept ans en s'élançant vers lui.
Les pieds nus et presque aussi noirs de crasse que ses mains, il était vêtu d'une culotte trop courte pour lui et enveloppé dans une couverture de lin qu'il traînait tant bien que mal derrière lui. Riant aux éclats, et il se précipita vers Richard, qui s'agenouilla non sans mal pour le recevoir dans ses bras forts et accueillants.
-Zedd! Tu n'es pas encore couché? dit Richard en ébouriffant tendrement les lourds cheveux frisottants du petit garçon.
Zedd se hissa jusque sur la pointe de ses petits pieds, passa ses bras autour du cou de Richard et déposa sur sa joue un petit baiser humide.
-Tu m'as manqué tu sais, je t'ai pô vu hier, et tu avais promis de m'apprendre deux nouvelles lettres, lui reprocha Zedd en frottant tendrement sa joue contre celle de l'homme qu'il considérait comme son meilleur ami, mais aussi comme son père.
Richard sentit ses lèvres esquisser un sourire. Il avait trouvé l'enfant six mois plus tôt, alors qu'un membre de la noblesse était entrain d'abuser de lui, tenu par deux serviteurs. Richard s'était battu, et avait réussi à arracher un petit garçon traumatisé à leurs griffes. Il s'était occupé de lui, tentant de faire sortir l'enfant du silence dans lequel il s'était emmuré, tout en partant à la recherche d'éventuels parents... avant d'apprendre que ceux-ci avaient été exécutés quelques mois plus tôt. Zedd avait alors emménagé avec Richard, réapprenant de jour en jour à faire confiance au genre humain. Il reparlait depuis seulement quatre mois, et Richard se souvenait de ce jour comme s'il s'agissait de la veille : c'était le jour le plus beau de sa vie depuis tellement de temps! Richard avait finit par le surnommé Zedd, l'enfant n'ayant aucun souvenir de son nom, car c'était la première lettre qu'il était parvenu à écrire.
-Je suis désolé, répondit Richard en serrant un peu plus fort l'enfant sur son c½ur. J'ai eu beaucoup de travail tu sais.
Zedd passa l'une de ses petites mains potelées sur le visage de Richard, avant de lui adresser un nouveau sourire tout aussi radieux que le premier.
-Je sais, mais je t'aime quand même, conclu le petit garçon en déposant un nouveau baiser sur la joue mal rasée de Richard.
Celui-ci sentit ses yeux s'embuer légèrement.
-Je t'aime aussi Zedd, chuchota Richard avant de se relever, sans pour autant lâcher la main de l'enfant.
Ils se dirigèrent dans la chambre, où Zedd lâcha la main de Richard pour se précipiter en courant vers la petite table de bois qui tenait lieu de bureau, et se hisser avec grand mal jusque sur la chaise.
-Regarde ce que j'ai fait Richard! lança avec fierté Zedd en lui tendant une feuille de parchemin.
Tirant une deuxième chaise pour s'installer aux côtés de l'enfant, Richard s'en saisit et sentit son deuxième sourire de la soirée affluer sur ses lèvres : l'enfant, dans son écriture hésitante, avait reproduit sur des lignes entières les lettres que Richard lui avait apprises.
-C'est excellent Zedd! Tu apprends tellement vite, je suis fier de toi.
Le sourire de l'enfant se fit si radieux qu'il lui remontait bientôt jusqu'aux oreilles.
-Tu peux m'en apprendre deux nouvelles dit? Tu avais promis! lança le petit garçon sur un ton de défi.
Richard se saisit de la plume posé sur la table et la trempa dans l'encrier, traçant deux nouvelles lettres sur une feuille de parchemin vierge. Il avait à peine terminé que Zedd les lui arrachait des mains, et commençait déjà à reproduire les deux lettres, la langue sortie entre ses quelques dents en signe de son intense concentration.
-Là, élargit un peu plus ta courbe, là, comme ça, le conseilla Richard en se saisissant doucement de la petite main pour lui montrer le geste adéquat.
L'enfant suivait ses conseils à la lettre, et toujours avec beaucoup d'attention.
-Tu as encore ennuyé Nadine aujourd'hui? finit par demander Richard, troublant ainsi la monotonie du son de la plume raclant sur le parchemin.
Zedd s'arrêta d'écrire, et se mordilla la lèvre inférieur, visiblement gêné.
-C'est pas ma faute Richard! se défendit l'enfant. Je lui ai seulement demandé si elle pouvait arrêter un peu de parler parce qu'elle me donnait mal à la tête, je te jure que c'est vrai Richard!
Cette fois-ci, Richard ne pût se retenir de rire aux éclats. Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait failli dire exactement la même chose à la jeune femme. Surpris par ce rire qui était si rare chez son ami, Zedd posa sa petite main sur son épaule, heureux.
On cogna alors à la porte.
-Entrez! lança Richard, retrouvant immédiatement son calme et son sérieux en voyant Marick pénétrer dans la pièce, la mine sombre.
-Ne t'arrête pas, dit gentiment Richard à Zedd qui avait reprit son travail de calligraphie.
-Je n'ai pas de très bonnes nouvelles, commença Marick.
Richard resta silencieux. C'était bien rare qu'ils en aient depuis quelques temps.
-Nous n'avons rien appris de plus sur ton affaire, commença Marick.
Richard soupira.
-Cela ne fait rien, continuez de chercher, nous trouverons bien un jour... J'ai attendu si longtemps, que je peux bien patienter tout le temps qu'il faudra.
Marick semblait maintenant gêné. Puis, comme n'y tenant plus, il lâcha soudain :
-Richard, c'est ta mère, elle n'en a plus pour longtemps, elle est mourante.
Richard sentit ses mâchoires se crisper. Il se retourna vers le petit bureau.
-Plus grande ta boucle là, glissa-t-il à Zedd, imperturbable.
Marick s'avança d'un pas.
-Richard, tu as entendu ce que je viens de te dire? hasarda-t-il encore.
Aucune réponse ne lui vint en retour. Le jeune espion soupira, haussa les épaules, et quitta la pièce.
Richard eu bien du mal à décrisper ses mains qu'il avait contractées sur ses cuisses jusqu'à s'en enfoncer les ongles dans la chair. Zedd, arrivé au bas de sa feuille, lui jeta un regard perplexe.
-Y a quelque chose qui va pas? demanda-t-il en haussant comiquement ses sourcils.
Richard tenta de lui sourire, mais n'y parvint pas. Il se leva, souleva le petit garçon dans ses bras, et le porta jusqu'au lit.
-Ne t'en fait pas, tout va bien, répondit-il en y déposant délicatement l'enfant.
Il borda Zedd et déposa un léger baiser sur son front. Il n'avait pas même atteint la porte que la respiration calme et lente du petit garçon lui parvenait déjà.
Alors, se saisissant de sa cape et d'une nouvelle chemise, il descendit les marches menant à la taverne lentement, passa la porte et s'enfonça dans la nuit.
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# Posté le vendredi 26 août 2005 12:11

Modifié le mardi 18 octobre 2005 11:25